Été : célébrer la fertilité et la lumière
La Saint-Jean, feu et fraternité
Le 24 juin, la nuit la plus courte de l’année, la Saint-Jean constituait le point culminant de l’été villageois. On s’y préparait des jours à l’avance. Les enfants parcouraient la campagne pour ramasser du bois sec ; le soir venu, un grand feu était dressé à l’écart du village, bien en vue pour tous. C’est autour de ce brasier, purificateur selon la tradition, que jeunes fiancés et anciens du village dansaient, chantaient et sautaient par-dessus les flammes, pour la chance et la bravoure.
- On accrochait des bouquets de millepertuis et de menthe autour des maisons comme porte-bonheur.
- La collecte de l’eau de la Saint-Jean, réputée protéger toute l’année, faisait l’objet de croyances partagées de Nice à Digne (source : Mistral, Dictionnaire du Félibrige).
- Cette nuit-là, les frontières entre générations s’effaçaient : tout le monde participait, des jeux d’enfants aux histoires racontées par les aînés à la lueur du feu.
Les feux de la Saint-Jean symbolisaient le solstice et la puissance du soleil, mais ils étaient aussi l’occasion de se rappeler que la fertilité des terres et la santé des troupeaux dépendaient de l’harmonie entre les hommes et leur environnement.
Les marchés d’été et la moisson
Juillet et août voyaient s’installer les petits marchés de producteurs : abricots, cerises, puis tomates et légumes d’été, ainsi que les premiers raisins. Mais la fête principale restait celle de la moisson, que certains anciens nomment encore “le repas des gerbes”. Aucune date fixe : la fin des récoltes menait spontanément les familles à partager un banquet sous les platanes, arrosé des premières bouteilles de rosé local.
Chaque famille contribuait d’un plat : tourtes, pain frais, herbes séchées, fruits en abondance. À travers la moisson se célébrait surtout la reconnaissance envers la terre nourricière, dans un climat où la sécheresse pouvait, certaines années, briser tout espoir de récolte. Selon les archives de l’INSEE sur la ruralité provençale, une année sur sept, jusqu’aux années 1960, la récolte était jugée “insuffisante” en raison de la sécheresse ou de la grêle.